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The Automatic Motorist

1911  Film de Walter Booth (GB)

Histoire : Un couple de jeunes mariés partent en lune de miel à bord d’un véhicule conduit par un conducteur-automate, un robot à son premier essai – qui s’avère désastreux. Celui-ci perd le contrôle du véhicule, renverse un policier. A grande vitesse, le véhicule part sur la Lune, puis sur Saturne où, après avoir tourné sur les anneaux, il chute sur la planète, traversant la croute saturnienne. Là, les Saturniens en rage veulent renvoyer nos mariés illico, mais l’un d’eux, plus prévenant le fait en douceur.

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Un robot qui n’est pas que conducteur apparemment

La voiture n’en finit pas moins au fond de l’océan, où il côtoiera les monstres marins, et dont il ne sortira que grâce à la puissance d’une éruption volcanique sous-marine. Là, les passagers se jetteront de la voiture, laissant le robot conducteur, et utilisant leur parapluie comme parachute. Leur descente sera accélérée par la destruction de leur parachute improvisé sous les tirs d’un chasseur les prenant pour du gibier.

Note : Ce film est le troisième sur le thème de la « voiture folle ». Le premier « The ? Motorist », classé dans la section Refusés est une précédente réalisation de Booth et The Automatic Motorist peut-être considéré comme un remake. Alors que dans le premier la voiture part dans l’espace sans autre explication, ici, le thème du robot conducteur suppose – a posteriori dirais-je – une technologie qui permet de classer ce film en SF avec moins d’appréhension, d’autant qu’il apporte un autre thème, celui de la visite d’une planète habité par des extraterrestres. On se doute que la caution scientifique n’est cependant pas ici une question primordiale, vu le peu de cas que Booth en faisait dans l’original. Le second film sur le thème « When the Devil Drives » semble plus fantastique, rien qu’à lire le titre (et pourrait être alors un ancêtre du Christine de Carpenter ^^).

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The Mechanical Statue and the Ingenuous Servant

janvier 1907 Film de Stuart Blackton (USA) inspiré de Coppélia, donc de l’Homme de Sable d’Hoffmann

Histoire : un père achète à son fils, dans une boutique, un automate-gladiateur de taille humaine. Au domicile, il le laisse à la charge d’un serviteur. Celui-ci, curieux, reçoit un coup d’épée en trifouillant dans le moteur du robot. L’employé se bat alors avec le gladiateur et le fait fuir. Du coup, il craint de perdre son travail et entreprend de prendre l’aspect de la machine, se recouvrant de farine pour en simuler la blancheur. Lorsque son employeur arrive, il met en marche le « faux automate » qui commence à danser comme un robot, puis assène des coups d’épée sur la tête du père pour le grand amusement du fils spectateur.

Commentaires : C’est la première apparition du robot – ou de son équivalent pour l’époque – aux USA et c’est à nouveau, comme le firent Méliès et Fitzhamon avant ce film, une adaptation de Coppélia. Adaptation fortement détourné sur un versant comédie. Si le film correspond vraiment au pitch décrit, je serai étonné qu’il nous donne quelque chose de formidable. Ah, d’ailleurs, voici une critique de Variety de l’époque : « The discovery of the deception is the finale, bringing to a close a moderately funny series, with a deal of the humor lacking through the obvious employment of forced comedy« 

The Doll Maker’s Daughter

décembre 1906 Film de Lewin Fitzhamon – GB d’après Coppélia, ballet lui-même adapté de L’homme de Sable de Hoffmann

Histoire : un fabricant d’automate a réalisé une poupée mécanique à l’image de sa fille. Celle-ci le découvre et la vrai danseuse observe et imite la danse saccadée de l’automate. Elle s’habille également comme le robot, et lorsque son père reçoit une jeune princesse, la jeune femme fait une démonstration de danse robotique à la princesse. Celle-ci est charmée, et on fait livrer la jeune femme au Palais. Là, le Prince trouvant cette poupée bien suspecte décide de procéder à un test simple : une souris et la fausse poupée saute sur une chaise. Le Prince commence alors à séduire la danseuse. Le père arrive, refait échange, et lorsque la femme du Prince, alertée d’un possible adultère, vient pour surprendre son époux sur le fait, elle le découvre que la poupée mécanique est, tout compte fait, bien mécanique.

Commentaires : ce film est une nouvelle adaptation cinématographique de Coppélia, le ballet de Saint-Léon, qui a eu tant de succès en 1870, lui même adapté du conte L’homme au sable d’Hoffmann. Et une nouvelle occasion d’approcher le thème typiquement science-fiction de l’androïde ainsi que de la confusion entre robot et humain qui est, ici, poussée plus loin que dans les films précédent. Le test de la souris fait sourire : en un sens, il s’agit de vérifier le statut humain ou robotique du sujet en testant la présence ou non d’émotion – ici, la frayeur ; un ancêtre du Voigt-Kampf de Blade Runner en un sens ^^

Coppélia ou la Poupée Animée

1900 Film de Georges Méliès (Fr) adaptation de L’Homme au Sable (1817) d’Hoffman

Histoire: le film met en scène un automate. Il s’agirait d’une « adaptation » du texte d’Hoffman « L’homme au Sable » où un jeune homme s’éprend d’une femme qui s’avère être un automate.

Commentaires : tout comme son prédécesseur sur le thème Gugusse et l’Automaton, le film de Méliès a disparu. Il est cité comme une préfiguration du thème science-fiction du robot et de l’androïde. Le titre souligne bien la référence littéraire, un des personnages du récit Hoffmannien s’appelant Coppélius. On trouvera, sur la page des Incertains, à l’année 1908, un Méliès titré La Poupée Vivante, qui semble être une deuxième tentative d’adaptation du conte d’Hoffman.

Références flash : Blade Runner

Gugusse et l’Automaton

1897 Film de Georges Méliès (Fr) adaptation de L’Homme au Sable (1817) d’Hoffman 

Histoire : Nulle trace ne permet de connaître le contenu narratif de ce film. Comique sans doute, car non seulement de Méliès, mais avec Gugusse, un clown du Cirque d’Hiver.

Commentaires : Film disparu. De nombreux auteurs le citent comme film préfigurant le thème du robot, ce sur la base de descriptions qui nous sont parvenues. Le thème, chez Méliès, est à rapprocher de Coppélia ou la Poupée Animée.

Automate ayant appartenu à Méliès.
Automate ayant appartenu à Méliès.

Généralement, l’automate – préfiguration de l’androïde moderne – est un des leitmotiv de ce 19ème siècle, les progrès en mécanique en ayant augmenté l’intérêt, ce bien avant le cinéma et l’on verra notamment adapté sur l’écran les contes d’Hoffman, plus particulièrement The Sandman (1815). On peut bien sûr considérer, pour ce qui est de la science-fiction, l’automate comme un précurseur du robot et qu’il s’agit là du premier film sur le sujet.